Père en famille recomposée : aidez votre femme à prendre sa place de belle-mère
Trouver sa place

Père en famille recomposée, voici comment aider votre femme à prendre sa place de belle-mère

Devenir belle-mère dans une famille recomposée n’a rien d’évident ou de facile ! Vous venez (ou allez) vous installer avec votre nouvelle partenaire et vos enfants ? Voici comment vous pouvez l’aider dès les premiers jours à être acceptée et à trouver sa place dans la nouvelle tribu.

1- Discutez ouvertement avec elle de la place que vous aimeriez qu’elle prenne auprès de vos enfants

Cela vous semble bête ? Inutile ? Détrompez-vous ! Le rôle qu’une femme peut prendre auprès d’enfants qui ne sont les siens ne va pas de soi. Du tout.

Et tous les pères ne sont pas prêts à leur laisser la même marge d’action à leur nouvelle compagne. “Il faut qu’il puisse y avoir un temps de communication, dans le nouveau couple, sur la place que chacun veut jouer vis-à-vis des enfants”, prévient la psychologue Emmanuelle Drouet. “Que le papa puisse expliciter auprès de sa conjointe la place qu’il aimerait qu’elle prenne, qu’elle puisse accepter (ou pas) ou éventuellement poser des limites. Pour le père, cela consiste à définir clairement la place qu’il lui accorde : a-t-elle un rôle d’autorité ou pas ? Très concrètement, en cas de bêtise ou de conflit en son absence, accorde-t-il le droit à sa compagne de sanctionner ? De punir ? Ou plutôt de temporiser jusqu’à ce qu’il rentre et que lui intervienne? Est-ce juste un rôle d’affection ? Certains pères sont plus à l’aise avec un contrat du type : “Tu te contentes de jouer un peu et de cuisiner ; et c’est moi qui fait appliquer les règles, qui sanctionne et fais les devoirs.” Et bien sûr, ce temps d’échange doit être aussi le moment où la belle-mère s’autorise à dire vraiment le rôle qu’elle-même a envie de jouer.” 

Certaines préfèrent se cantonner aux bons moments et au fun, quand d’autres sont prêtes à s’investir dans le quotidien des enfants, du care aux sorties d’école… L’essentiel ? Que le cadre soit clair pour la belle-mère afin de lui éviter de tâtonner, de se prendre la tête sur ce qu’on attend d’elle sans lui dire, et de lui épargner d’éventuels reproches dans le cas où elle aurait trop fait (ou pas assez)… 

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Emmanuelle DROUET (@peripepsy sur instagram) est psychologue clinicienne depuis 20 ans. Maman et belle-mère, elle vit à Vincennes en famille recomposée.

En parallèle, elle écrit des romans dont le dernier, L’écho des souffrances silencieuses vient de paraître aux éditions Jouvence.

2- Si vous le pouvez, laissez vos enfants passer un peu de temps seuls avec leur belle-mère

“Si l’enfant n’est pas réfractaire, il peut être bon que vous, le papa, vous laissiez des petits temps à votre enfant et à votre femme, pour qu’ils apprennent à faire connaissance seuls à seuls et à nouer des liens… sans vous !”, recommande la psychologue. Cela peut-être très court, surtout si l’enfant est petit, ou le temps d’un jeu de société à deux à la maison… Mais le tout, c’est que les deux protagonistes puissent commencer à nouer une relation de confiance sur laquelle pourra peut-être venir se greffer, un peu plus tard, un lien d’autorité…”

3- Ne demandez pas à votre femme de prendre un rôle d’autorité trop tôt dans l’histoire de la famille recomposée

“Un enfant a besoin d’avoir noué une relation de confiance avec un adulte avant de pouvoir accepter son autorité. Un adulte parachuté dans sa vie qui se met à lui dicter des règles, des ordres et des interdits… ça ne peut pas marcher!” 

Dans les premiers temps, ne demandez pas à votre femme de prendre ce rôle d’autorité. Soyez le garant du cadre, celui qui rappelle les règles, sanctionne s’il le faut… Une fois qu’elle sera acceptée dans la vie de votre ou de vos enfants, elle pourra alors devenir une figure d’autorité. Avant cela, si vous forcez les choses, vous risquez simplement que vos enfants la prennent en grippe, la rejettent… Et bien sûr, refusent catégoriquement son autorité et sa présence, ce qui les ferait tous partir sur de bien mauvaises bases pour la suite. 

Si les règles sont dures à faire respecter à la maison, s’il faut beaucoup les rappeler, y compris en votre absence, Emmanuelle Drouet a une astuce : “Ecrire les règles sur des posts-its à coller partout dans la maison pour qu’elles soient visibles aux yeux de tous. Concentrez-vous sur les règles basiques : parlez-en en amont avec vos enfants puis affichez-les à des endroits-clés. Elles seront ainsi plus faciles à mémoriser… et à rappeler.“

4- Laissez du temps à votre femme pour qu’elle prenne ses marques en tant que belle-mère

Le conseil vaut pour les deux adultes, mais quand on emménage avec deux personnes qu’on aime, il est naturel de vouloir qu’elles s’apprécient aussi très vite. “Sauf qu’entre elles, il n’y a aucune histoire commune”, met en garde Emmanuelle Drouet. “Il faut donc s’attendre à ce que les liens mettent du temps à se tisser. Ne précipitez pas les choses, ne soyez pas impatient. Il est normal qu’un enfant et son nouveau beau-parent mettent du temps à s’apprivoiser.”

5- Soutenez-la !

Beaucoup de belles-mères s’en plaignent : elles ne se sentent pas soutenues dans les décisions qu’elles prennent vis-à-vis de la maison, de la vie commune ou des enfants. “Quand il s’agit de leurs beaux-enfants, elles ont souvent l’impression d’endosser le mauvais rôle en permanence, résume Emmanuelle Drouet. Car bien souvent, les pères – parce qu’ils veulent à tout prix éviter le conflit et/ou ne pas risquer de perdre l’amour de leurs enfants – vont être réticents à soutenir ouvertement leur femme face aux petits. Leur réaction va plutôt être, soit de se ranger du côté des enfants, soit de ne simplement pas prendre position… Dans les deux cas, cela laisse les belles-mères assumer le rôle de l’affreuse sorcière qui fait appliquer les règles toute seule. C’est un rôle ingrat qui crée un sentiment de solitude très difficile à vivre et malheureusement assez fréquemment partagé chez les belles-mères.”

Sans compter que les laisser assumer ce mauvais rôle va rarement l’aider à se faire apprécier de vos enfants… Et que le sentiment de solitude qui en découle n’est pas sans danger, non plus, sur votre couple à tous les deux ! Votre rôle en tant que père est donc décisif…

6 – Montrez-lui de la reconnaissance !

Oui, elle savait que vous aviez des enfants ! Oui, elle a accepté de vivre avec vous et oui encore, elle vous aime ! Pour autant, tout ne va pas de soi, tout n’est pas dû ! Parce qu’être belle-mère demande un investissement quotidien et que la mission n’a rien d’évident, n’hésitez pas à la remercier de temps à autre pour ce qu’elle fait pour vous et vos enfants. Même des tâches qui vous semblent, à vous, naturelles et évidentes en tant que parent, ne le sont pas forcément pour elle. Cela peut lui demander des efforts, du temps, des capacités d’adaptation qui peuvent s’avérer épuisantes. Sans un minimum de gratitude à son égard, elle peut vite avoir l’impression d’être considérée comme une “baby-sitter gratuite”, d’être “utilisée” sans aucune reconnaissance en retour. “Ne sous-estimez pas la force d’un merci à la fin de la journée, souligne Emmanuelle Drouet. Un “merci de l’avoir emmenée à son spectacle de danse” peut faire toute la différence ! On le voit dans nos cabinets de psy : le manque de reconnaissance dans les familles recomposées est un énorme facteur de rupture.” A bon entendeur !

Journaliste depuis plus de 20 ans, ancienne rédactrice en chef de Psychologies.com, je m'intéresse depuis toujours aux questions familiales et la psycho au sens large. Je suis moi-même mère et belle-mère et partage ici les meilleurs conseils d'experts pour vivre le plus sereinement possible le quotidien de parent séparé, que vous viviez en famille monoparentale ou recomposée.

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