
« Je me compare sans arrêt à son ex et ça me ronge » : 5 clés pour ne plus souffrir de la comparaison en famille recomposée
Se comparer à l’ex, à la nouvelle compagne, à la famille d’avant… En famille recomposée, la comparaison est une tendance naturelle. Et pour beaucoup, une vraie source de souffrance. Comment arrêter la spirale comparaison – dévalorisation ? La psychologue Betty Jereczek, auteure de 100 Rituels confiance en soi, décrypte ce mécanisme toxique et livre ses conseils pour y mettre un stop.
1 – Se comparer n’est pas un problème. C’est ce que l’on en fait qui peut en devenir un
“Se comparer est un mécanisme utile pour nous permettre de nous situer, de trouver notre place dans un groupe, rappelle la psychologue Betty Jereczek. Cela nous aide en particulier à construire notre identité et à trouver notre place dans la société. Cela se transforme en revanche en problème quand la comparaison devient une sorte de tribunal intérieur dans lequel on va toujours perdre. Toujours. Alors la comparaison devient un mécanisme toxique, car elle va nourrir un discours intérieur néfaste et globalement, notre autocritique.”
2 – La famille recomposée est un terrain propice aux comparaisons douloureuses
“Il existe deux grandes formes de comparaison, détaille Betty Jereczek. Dans la première, on va se comparer et se trouver systématiquement moins bien que les autres. On va se juger, porter un regard très critique sur nous-mêmes et ce juge intérieur va venir saboter notre confiance en nous.
Dans la seconde, on va se comparer à l’autre mais pour critiquer l’autre. C’est la tentation en famille recomposée de critiquer l’ex si on est la nouvelle partenaire, ou la nouvelle femme si on est l’ancienne. En résumé, on va critiquer quelqu’un qui n’est pas là, pour nous sentir mieux et pour nous rassurer. La deuxième forme est clairement tabou. Mais les deux options vont faire du mal à la famille recomposée, aux adultes, comme aux enfants.”
On retrouve beaucoup la première forme chez des beaux-parents qui ont à cœur de bien faire, vont se mettre beaucoup la pression et vont rarement se trouver à la hauteur de la tâche. Parmi eux, les beaux-parents (et en particulier les belles-mères) qui n’ont pas encore d’enfant sont particulièrement exposés. Ils peuvent se sentir observés, évalués sur des “compétences parentales” qu’ils doivent acquérir sans être parent eux-mêmes. Et parce que s’occuper des enfants des autres n’est jamais simple, rares sont ceux qui se trouvent à la hauteur ou reçoivent suffisamment de retours positifs pour avoir l’impression de réussir. Résultat : ils vont perdre confiance en eux, douter, avoir du mal à prendre leur place… jusqu’à déstabiliser toute la famille recomposée.
La seconde est parfois plus visible mais tout aussi insidieuse pour saper les fondements de la famille recomposée. Car l’ex comme le ou la nouvelle partenaire peuvent trouver bien des raisons de se sentir insécurisés : peur d’être remplacé.e ou de perdre l’amour de ses enfants d’un côté, peur de ne jamais réussir à trouver sa place ou à être à la hauteur du parent du même sexe et d’être cantonné à un rôle d’éternel second.e de l’autre… L’insécurité et la peur viennent sans cesse alimenter cette tendance à la comparaison et plus largement, une rivalité toxique.

A lire
100 rituels Confiance en soi de Betty Jereczek (Editions Solar)
Un cahier d’exercices pour identifier les racines de l’auto-sabotage, pour comprendre ses réactions de peur et, sans pression, bâtir sa sécurité, sa force et son estime de soi.
Avec notamment des conseils pour sortir du people pleasing et écouter ses propres besoins, booster sa confiance en soi et apprendre à dire non et s’affirmer dans ses relations amoureuses ou familiales.
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3 – La comparaison n’est pas forcément source de souffrance
“Ce qui fait souffrir, c’est ce qu’on en fait, décrypte Betty Jereczek. Il peut y avoir des comparaisons qui créent de l’inspiration. Par exemple, on pourrait se dire : « la nouvelle chérie de mon ex fait ça comme ça, ça m’agace, mais c’est une bonne idée ».
Ce qui pose problème, c’est quand cela aboutit systématiquement à une autocritique de type « Je ne suis pas assez bien », « je ne fais pas assez bien »
Si vous avez tendance à vous comparer sans cesse, demandez-vous : “Est-ce que je l’utilise pour me dévaloriser ou est-ce que je m’en sers pour bouger ou tester des choses ?”
Betty Jereczek
Psychologue et hypnothérapeute depuis dix-sept ans, Betty Jereczek accompagne les femmes qui ont déjà beaucoup travaillé sur elles-mêmes, mais continuent à se retenir dans leur vie personnelle ou professionnelle.
Formée aux thérapies cognitives et comportementales, à l’ACT et à l’hypnose, elle relie compréhension psychologique, travail avec l’inconscient et expérimentation dans le quotidien.
Sa spécialité : intervenir à l’endroit où l’analyse seule ne suffit plus. Là où une femme sait pourquoi elle se tait, se suradapte ou recherche l’approbation, mais n’arrive pas encore à agir autrement.
Après 17 ans de pratique, Betty Jereczek constate que de nombreuses femmes ne manquent plus d’informations, mais d’expériences concrètes pour transformer leur lucidité en nouvelles décisions. Son travail permet de passer de “je sais pourquoi je me retiens” à “je me soutiens assez pour me choisir”.
Betty défend une vision concrète de la confiance et de l’amour de soi : ils se construisent aussi dans les décisions que l’on prend lorsque se choisir risque de déplaire.
Retrouvez-la sur : www.bettyjereczek.fr et sur son podcast
4 – Arrêter de se comparer, ça s’apprend
Comment ? “Tout part de l’autocritique intérieure, explique Betty Jereczek. Si vous travaillez à devenir plus soutenant envers vous-même, plus bienveillant, vous aurez moins besoin de vous mesurer aux autres. Cela passe par le fait d’apprendre à se parler à soi-même différemment, avec plus de douceur.
Mais c’est une étape difficile car cela implique de prendre conscience de notre voix intérieure et de sa violence. Car nous avons tendance à être terriblement violents avec nous-mêmes. Faites le test, écoutez-vous : bien souvent, on n’oserait jamais parler à une amie comme on se parle à nous-mêmes !
Enfin, dernière étape : parvenir à changer ce discours en apprenant l’auto-compassion.
Un exemple très concret à partir de notre fâcheuse tendance à scroller longuement sur Instagram. Si je m’accorde de la valeur et si je m’aime assez, même si je suis imparfaite, je n’ai plus besoin d’aller scruter le compte de mon ex ou de sa nouvelle compagne pour nourrir mon besoin de comparaison néfaste. Concrètement, l’objectif serait de voir de super photos des vacances de nos enfants sans se dire « ils passent de meilleures vacances avec leur père qu’avec moi ! » Même s’ils sont partis plus loin, font plus de choses, etc… On peut juste se dire : « Génial, ils passent de bonnes vacances avec leur père. Ok, il a plus de moyens que moi, mais je fais de mon mieux et ce sera bien quand même »”.
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5 – Vous pouvez choisir d’arrêter de vous comparer à son ex (ou à la nouvelle vie de votre partenaire)
Il y a une comparaison qui fait particulièrement souffrir les beaux-parents : la comparaison avec la première histoire, avec la famille d’avant. Surtout quand ils ont systématiquement l’impression de passer “après” et que le vécu partagé n’est jamais à la hauteur des premières fois vécues dans la première famille. “Sauf qu’une histoire n’est pas une autre ! rappelle Betty Jereczek. Certaines femmes souffrent beaucoup de cette comparaison avec la première femme, surtout quand le lien perdure, si le partenaire répond trop souvent à ses appels ou la voit encore régulièrement. Elles se sentent alors moins importantes que l’ex-compagne.
Mais cela revient à comparer des choux et des carottes ! Le coparent aura toujours une place dans la vie d’un conjoint et de ses enfants. Mais la nouvelle compagne a bien une place, une autre place, qui n’est pas comparable. Le lien avec l’ex peut perdurer, de l’affection peut rester sans que cela remette en cause ou menace la place de l’amoureuse.
Une histoire nouvelle n’est jamais la même que celle qu’on vient de quitter. Le fonctionnement sera différent, la façon d’aimer sera différente.”
Coupez Instagram !
“Ne plus aller scroller pour se comparer à la vie de notre ex est un choix que l’on peut faire en conscience pour notre santé mentale, rappelle la psychologue. Car on sait que cela nourrit une mauvaise image de soi, que cela nous fait du mal. Une fois que l’on a compris que la comparaison vient répondre à une insécurité – peur de pas être suffisante, de perdre l’amour de nos enfants – on peut “changer de paire de lunettes” sur comment on se regarde soi.” Surtout que sur Instagram, on compare des choses incomparables : notre vision intérieure de nous-même et la vitrine de ce que l’autre montre de sa vie. Avec tout ce que cela implique de faux ou de très momentané.


